Deux filles

Après-midi pluvieux, je suis juste sortie à côté, faire deux trois courses. Le téléphone sonne, c’est encore Marcia pour me dire que ce week-end je dois arriver à nouveaux plus tôt le samedi, qu’il y a beaucoup de travail en ce moment et qu’il y aura beaucoup de monde samedi et dimanche, et bla bla bla.

Peu importe pour les courses, ce sera après, un tour dans le quartier me fera du bien. Je passe, je passe à côté du trottoir, deux filles, sûrement des lycéennes, dans les 15 ou 16 ans, un petit sac à enfiler en bandoulière, je regarde dedans sans trop me faire apercevoir. Des cigarettes, un i-pod, un briquet, un portefeuille, un portable. Cette petite liberté adolescente, ne penser à rien de compliqué, et l’argent, on s’en fout tant qu’il y en ait pour les cigarettes au moins pour du tabac. Cette petite liberté adolescente, et prendre un sac à dos et partir, loin ou pas trop loin, c’est le moins important, tant qu’il ait un peu d’argent pour le bus et un endroit pour dormir ou monter la tente. Cette petite liberté adolescente ou rien n’est important, seul les petits amours et les petites histoires qui paraient grandes pour nos yeux et notre petite vie, 15, 16 ans sur cette terre ?.

Je repense aux filles qui me font penser à la « osita Lina » du conte de Cortazar. Partir, partir loin avec un sac  à dos et les choses les moins importantes que pour nous, sont celles qui importent le plus. Partir, partir loin mais on grandi et on vieilli et sûrement le temps importe nos illusions et nous attache à des choses sans importance qu’à nos yeux sont importantes, que pour nous sont devenues importantes. Mais à la fin on se rend compte que les choses et les personnes importantes seront toujours avec nous, et nous les importerons où que ce soit.

Deux gamines assises sur le bord du trottoir, un petit sac ouvert dans les mains, des cigarettes, de la musique, un téléphone – peu-être pour appeler au secours –, comme si elles partaient loin, comme si elles partaient à l’aventure mais le monde n’est plus ça… derrière sont restées les années d’adolescence. Je me vois, mais ce n’est plus moi. Moi, je suis là… tu es resté ?, oui, je le savais, je savais que les choses et les personnes importantes restent toujours là.

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2 commentaires pour Deux filles

  1. J’ai bien aimé ton histoire. Ca m’a fait bien la mélancolie et le sens d’urgence sur le relativement court temps que nous avons sur terre.

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