Un monde inconnu

Finalement un peu de temps pour venir la voir… un ami m’en a parlé mais travail, travail et pas une seconde pour venir la voir. À la sortie du métro je m’arrête deux secondes pour regarder les livres à 2 sous devant une librairie, j’en pioche un dans le panier. Il me plaît, je rentre, je le paie et voilà… « bonne lecture », me dit la dame à la caisse.

Je sors, je marche lentement, finalement aujourd’hui je ne suis pas pressé et je veux profiter un peu de cette vieille architecture du quartier, quartier inconnu. Un peu d’histoire peut-être, s’arrêter devant les panneaux et lire ce qui se passe, ce qui s’est passé, mais je n’ai pas envie. Je n’ai pas d’appareil photo non plus, c’était décidé, je voulais juste observer, me faire des images mentales qui ne seront jamais sur du papier ou sur mon P.C., images que je n’accrocherai jamais aux murs du salon ou de la chambre.

Je marche, je continue à marcher tout en regardant les noms des rues car il faut bien que j’arrive au moins quelque part, est-ce que c’est toujours nécessaire d’arriver quelque part, d’avoir un but ? peut-être pas mais l’habitude m’oblige, l’habitude oblige l’être humain et, l’homme est un être d’habitudes, comme disait ma mère.

Rue cherchée, rue trouvée. Je rentre et la fille à l’accueil m’explique comment ça marche qui est-ce. Je ne suis pas un passant, je suis venu pour la voir et pour découvrir l’univers de cet homme. Donc, je suis tout, je fais attention, je parcours, je regarde, j’observe, je lis et, je le dis encore, je n’ai pas mon appareil photo.

Je rentre dans ce monde de Charles Avery, Onomatopoeia. Un monde, tout un monde imagé. On y trouve des espaces, des animaux, des gens, des cafés, des clochards, des marins. On dirait pratiquement notre monde mais il ne l’est pas vraiment. Les animaux parlent, il y a des chiens ressemblant à des ornithorynques, les clodos s’assoient sur les terrasses de café pour parler aux serveurs et être servis comme quelqu’un d’autre. Il y a une troupe étrange dont les gens portent des chapeaux également étranges, chapeaux qui définissent leur personnalité, leur caractère.

Rocco, l’étranger, le visitant, a trouvé une amie qui lui a donné des objets inutiles, qu’il a gardé dans son sac. Après sa visite et après avoir tout observé, il a rencontré un lapin qui lui a parlé et qui a continué son chemin. Il a aussi rencontré un monstre mais one ne peut pas savoir à quoi il ressemble.

Avery me fait penser, étrangement ?, à Onetti. Je revois un peu de Santa Maria, ces personnes imaginées, ces histoires, tout cet imaginaire dont il parlait, qu’il a inventé, avec lequel il a vécu. J’aime ces mondes, Santa Maria et Onomatopoeia. X a bien fait de me dire de la voir, car ce n’est simplement la voir, c’est la vivre et s’immerger, la découvrir. Une onomatopée de notre monde.

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